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Interview de Benjamin Misery, directeur général de Senioriales

« Il est nécessaire d’écouter davantage les seniors plutôt que de parler à leur place. Il faut les impliquer dans les process, dans les décisions ». S’adapter aux nouveaux besoins des seniors, proposer des solutions innovantes, s’impliquer au sein de la Silver économie… Découvrez les axes stratégiques de Senioriales dans l’interview de son Directeur Général, Benjamin Misery, menée par la rédaction de Malakoff Médéric.

 

Benjamin Misery Senioriales

Depuis 2001, comment l’offre de Senioriales a-t-elle évolué pour répondre aux besoins des seniors ?

Il y a une quinzaine d’années, nous n’étions que 2 ou 3 acteurs sur le marché. Nos résidences s’adressaient alors à une population de propriétaires jeunes seniors en zones touristiques et rurales. Depuis 2009, nous n’avons cessé de développer notre activité en zone urbaine pour suivre l’évolution de la demande. Aujourd’hui, la majorité de nos résidences répondent à des besoins locatifs en milieu urbain. Désormais, les seniors préfèrent rester « à domicile » en ville plutôt que de « s’expatrier » dans le Sud. La résidence senior n’est-elle pas le meilleur moyen de rester à domicile ?

Comment définiriez-vous votre offre en quelques mots ?

Nous réalisons de véritables appartements où nos résidents peuvent conserver un maximum d’autonomie et de lien social. Notre résident le plus jeune a 58 ans et le plus âgé, 95 ! De plus, nous mettons en place des cartes de services que les résidents utilisent selon leurs besoins. Et, contrairement aux idées reçues, notre offre reste économiquement très accessible. Nous sommes autour d’un revenu médian de 1 450 – 1 500 euros et d’un loyer médian de 800 euros.

Comment impliquez-vous également les différents acteurs de la Silver économie ?

C’est grâce à une vision à 360° que nous pourrons poursuivre le développement de notre activité. C’est pourquoi nous travaillons en grande proximité avec les acteurs de la Silver économie. Nous avons décidé de faire de l’innovation l’élément nous différenciant sur le marché des résidences seniors. L’écosystème de la Silver Valley – qui réunit près de 300 acteurs de la Silver économie dans le but de développer des activités économiques innovantes dédiées aux seniors – est alors une très bonne porte d’entrée pour créer des contacts avec le plus grand nombre.

Il y a 5 ans, Senioriales a créé le LAB Senioriales pour permettre aux structures de toutes tailles, de la start-up à la multinationale, de confronter leurs produits aux potentiels futurs clients que sont les résidents. C’est l’opportunité de référencer et de sélectionner ainsi les services les plus innovants. Parmi les objectifs du LAB : créer une domotique particulièrement adaptée à un senior.

Et comment mobilisez-vous vos collaborateurs dans cette démarche d’innovation ?

Fin mars 2017, pour les 15 ans de notre entreprise, nous avons impliqué l’ensemble de nos collaborateurs à notre démarche d’innovation en les associant à une pitch session réunissant 10 start-ups membres de Silver Valley avec lesquelles ils ont pu échanger et juger de la pertinence des solutions proposées. Nous les intégrons au LAB car c’est un vrai levier de performances et de motivation. Six d’entre eux seront ainsi détachés chaque année sur 1/3 de leur activité pour participer au LAB.

Vous y associez aussi les seniors ?

Absolument ! Nous avons 40 résidents identifiés comme membres experts qui, bénévolement, nous accompagnent lors des évaluations ou autres pitchs. Pour eux, c’est une formidable source de motivation. Leurs attentes : trouver des services et des solutions simples à l’usage. Par exemple, aujourd’hui, ils peuvent se retrouver de multiples télécommandes en main. Notre ambition est de ne leur en proposer qu’une qui regroupe tous les services liés à la domotique, à la santé… Ils ont besoin de mutualisation et de simplicité.

Comment les entreprises peuvent-elles se montrer motrices sur le sujet ?

Il y a une vraie prise de conscience au sein des entreprises, notamment celles dont l’activité n’est pas directement destinée aux seniors. Nous travaillons ainsi avec Decathlon et Somfy pour développer une gamme de produits adaptés à cette clientèle spécifique. Notre écosystème global regroupe ainsi une centaine de partenaires. Le marché de la Silver économie ne doit pas se limiter aux seuls sujets du handicap, de la santé ou du maintien à domicile. Il est essentiel aussi de travailler également sur les aspects ludiques, pour faire en sorte que les seniors gardent un rythme de vie actif et ne restent pas assis dans un fauteuil devant un téléviseur. Par exemple des animations permanente dans les résidences pour faire de celles-ci des centres d’activités et de vie et non de simples lieux d’hébergement. De même, soyons attentifs à trouver des solutions qui s’adressent au plus grand nombre. Le vieillissement est un sujet qui nous concerne tous, et pas uniquement le secteur public et celui de la santé.

Comment alors faire évoluer les mentalités ?

Il est nécessaire d’écouter davantage les seniors plutôt que de parler à leur place. Il faut les impliquer dans les process, dans les décisions. Au sein de Senioriales, nous essayons de faire de nos résidences le centre d’échanges de leur quartier. Récemment l’une d’elles a même accueilli le marché de Noël de sa commune, près de 50 partenariats avec des écoles, chorales et associations sont noués chaque année. Nous prônons le partage, la transmission et les échanges… même sur les réseaux sociaux !

Senioriales en chiffres

2001 : ouverture du 1er village senior en France

2007 : Senioriales intègre le groupe Pierre et Vacances Center Parcs

2017 : 4 500 résidents au sein de 60 résidences, 11 en cours de construction dont 1 à la Réunion

2018 : début des travaux pour 12 nouvelles résidences sur tout le territoire français